Les discours rapportés

1. Le discours direct:

C'est un discours rapporté tel qu'il a été prononcé réellement, ou tel qu'il est censé avoir été prononcé par des personnages fictifs.
Le changement de locuteur est indiqué par des guillemets ou des tirets. La ponctuation reproduit le ton et l'intention du nouveau locuteur (exclamation, interrogation, silence suspensif...). Le changement de locuteur peut être précisé par la présence d'un verbe de parole ou de pensée situé avant le propos, après le propos, ou en incise à l'intérieur du propos.
Le discours direct rend le nouveau locuteur plus présent; il permet de le caractériser en fonction de ses dires; et il cherche à faire vrai puisqu'il veut reproduire les propos fidèlement, sans déformation.
Exemple: Il m'a dit: « Je viens demain. Personne ne pourra m'en empêcher ».

 

 2. Le discours indirect:

Le discours indirect évite le changement de système d'énonciation; le propos rapporté ne prend pas la place du discours premier, il lui est subordonné.
Grammaticalement, le discours indirect dépend d'un verbe de parole ou de pensée auquel il est relié par la conjonction de subordination « que ». On observe des changements de temps, de pronoms, d'indicateurs spatio-temporels, par rapport à ce que serait le propos s'il était en discours direct.
Le discours indirect rend le deuxième locuteur plus lointain. Il donne ainsi au locuteur premier l'autorisation de ne pas reproduire tels quels les propos du locuteur: il peut les résumer pour en rester à l'essentiel, ou les reformuler d'une autre façon, voire les transformer.
Lorsque le narrateur veut seulement indiquer brièvement ce qui s'est verbalement passé sans rapporter les propos, il abandonne le discours indirect pour un discours entièrement narrativisé, qui supprime même la reprise indirecte des paroles.
Exemple: Il m'a dit qu'il viendrait le lendemain.

 

 3. Le discours indirect libre:

Comme le discours direct, il rapporte exactement les paroles ou les pensées, mais sans indiquer un changement du système d'énonciation.
Le discours indirect libre supprime les guillemets, marques du discours direct, et les temps des verbes deviennent ceux du discours indirect, sans subordination. De ce fait, il est parfois difficile d'établir la distinction entre ce qui appartient au locuteur premier, et ce qui appartient au locuteur second. Souvent, il vient après un discours indirect introduit par « que », ou après une remarque sur l'état d'âme du personnage; c'est alors un moyen de le repérer.
Assez fréquent chez La Fontaine, au XVIIe siècle, le discours indirect libre apparaît surtout dans le roman, à partir du XIXème siècle. Comme le discours direct, il donne au personnage de la présence, et le caractérise. Mais il permet aussi de conserver cette présence même lorsqu’il s'agit d'un propos général prononcé par aucune personne particulière, mais représentatif d'un groupe, d'un type social.
 Lorsque le discours indirect libre rapporte longuement la pensée d'un personnage, on parle cependant de monologue intérieur.
Exemple: Ses propos avaient été clairs. Il viendrait le lendemain et personne ne pourrait l'empêcher.

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