Page 3. La parure.

“ Que veux-tu que je fasse de cela ?
- Mais, ma chérie, je pensais que tu serais contente. Tu ne sors jamais, et c'est une occasion, cela, une belle ! J'ai eu une peine infinie à l'obtenir Tout le monde en veut ; c'est très recherché et on n'en donne pas beaucoup aux employés. Tu verras là tout le monde officiel. ” Elle le regardait d'un œil irrité, et elle déclara avec impatience :
“ Que veux-tu que je me mette sur le dos pour aller là ? ” Il n'y avait pas songé ; il balbutia :
“ Mais la robe avec laquelle tu vas au théâtre. Elle me semble très bien, à moi... ” Il se tut, stupéfait, éperdu, en voyant que sa femme pleurait.
Deux grosses larmes descendaient lentement des coins des yeux vers les coins de la bouche ; il bégaya :
“ Qu'as-tu ? qu'as-tu ? ” Mais, par un effort violent, elle avait dompté sa peine et elle répondit d'une voix calme en essuyant ses joues humides :
“ Rien. Seulement je n'ai pas de toilette et par conséquent je ne peux aller à cette fête. Donne ta carte à quelque collègue dont la femme sera mieux nippée que moi. ” Il était désolé. Il reprit :
“voyons, Mathilde. Combien cela coûterait-il une toilette convenable, qui pourrait te servir encore en d'autres occasions, quelque chose de très simple ? ” Elle réfléchit quelques secondes, établissant ses comptes et songeant aussi à la somme qu'elle pouvait demander sans s'attirer un refus immédiat et une exclamation effarée du commis économe.
Enfin, elle répondit en hésitant :

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