Page 4. La parure.

“ Je ne sais pas au juste, mais il me semble qu'avec quatre cents francs je pourrais arriver ” Il avait un peu pâli, car il réservait juste cette somme pour acheter un fusil et s'offrir des parties de chasse, l'été suivant, dans la plaine de Nanterre, avec quelques amis qui allaient tirer des alouettes, par là, le dimanche.
Il dit cependant :
“ Soit. Je te donne quatre cents francs. Mais tâche d'avoir une belle robe. ”
Le jour de la fête approchait, et Mme Loisel semblait triste, inquiète, anxieuse. Sa toilette était prête cependant. Son mari lui dit un soir :
“ Qu'as-tu ? voyons, tu es toute drôle depuis trois jours. ” Et elle répondit :
“ Cela m'ennuie de n'avoir pas un bijou, pas une pierre, rien à mettre sur moi. J'aurai l'air misère comme tout. J'aimerais presque mieux ne pas aller à cette soirée. ” Il reprit :
“ Tu mettras des fleurs naturelles. C'est très chic en cette saison-ci. Pour dix francs tu auras deux ou trois roses magnifiques. ” Elle n'était point convaincue.
“ Non... il n'y a rien de plus humiliant que d'avoir l'air pauvre au milieu de femmes riches. ” Mais son mari s'écria :
“ Que tu es bête ! va trouver ton amie Mme Forestier et demande-lui de te prêter des bijoux. Tu es bien assez liée avec elle pour faire cela. ” Elle poussa un cri de joie.
“ C'est vrai. Je n'y avais point pensé. ” Le lendemain, elle se rendit chez son amie et lui conta sa détresse.
Mme Forestier alla vers son armoire à glace, prit un large coffret, l'apporta, l'ouvrit, et dit à Mme Loisel :

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