Cathédrale Basilique de Saint-Denis

Saint-Denis est devenue cathédrale en 1966, à rebours de sa vocation première : elle fut des siècles durant une des plus prestigieuses abbayes françaises. En effet, celle-ci a accompagné l'histoire de la monarchie et continue à l'incarner. C'est à Saint-Denis que furent placées les dépouilles  de presque tous les rois de France et élevés nombre de tombeaux royaux. Mais elle est aussi un monument notable dans l'évolution de l'architecture. La conception de l'édifice actuel doit tout à la pensée théologique et à la puissance politique de Suger, abbé de 1122 à 1151.

Conseiller influent des rois Louis VI et Louis VII, il entreprit une reconstruction qui se voulait une illustration par l'architecture des écrits  de Denis l'Aéropagite, disciple de saint Paul, que l'on associait encore avec le premier évêque de Paris, patron de l'abbaye. La construction  débuta par la façade suivant une harmonie trinitaire : deux tours encadrant la partie centrale, et trois étages en élévation. Le tympan du portail central de la façade représente le Christ-Juge, à la fois crucifié et ressuscité, présidant au Jugement dernier. Le style de son décor annonce certaines des réalisations sculptées des cathédrales gothiques. Pour la première fois, on voit apparaître une grande rose au-dessus du porche. L'avant- nef date aussi de l'abbatiat de Suger. Le gros-œuvre fut réalisé en majeure partie de 1231 à 1281, notamment sous la conduite de Pierre de Montreuil. On construisit alors la nef à trois vaisseaux, le chœur, ceint d'un double déambulatoire à sept chapelles rayonnantes. C'est aussi à cette époque que le transept fut percé de grandes roses et considérablement élargi, pour répondre à la volonté  de saint Louis de faire de l'église la nécropole des rois de France. Cette campagne marque une étape vers la naissance de l'art gothique flamboyant par le passage d'une élévation de trois à deux niveaux. Le résultat était un immense reliquaire, baigné d'une lumière intense grâce à ses hautes verrières et à ses roses. Les tombeaux, le trésor et les vitraux subirent de très importants dommages durant les guerres de Religion, puis à l'époque révolutionnaire ; le bâtiment avait en outre souffert d'un manque d'entretien. D'importantes restaurations furent donc menées au 19e siècle, d'abord sous la direction de Debret, puis sous la conduite de Viollet-le-Duc de 1847 à 1875. Elles n'ont cependant pas affecté l'allure d'ensemble de la basilique.

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