Château de Montal

La conception architecturale du château de Montal, construit au milieu d'un vaste domaine rural, correspond à ce nouvel art de vivre que découvrait la noblesse française au début du XVIe siècle. Même si les façades nord et ouest évoquent encore les châteaux forts par la présence de trois tours d'angle massives, d'une échauguette, de quelques meurtrières et de douves, cette austérité ne met que mieux en valeur les logis ouvrant sur la cour intérieure orientés au sud-est et sud-ouest face au massif des Césarines. Le plan est simple: les deux corps de logis placés en équerre sont desservis par un escalier monumental placé dans un pavillon rectangulaire surélevé. La distribution des pièces est identique sur les trois niveaux et répond à un souci de confort et d'intimité nouveau tout en privilégiant la fonction de prestige et d'apparat grâce à l'escalier somptueusement décoré et largement éclairé. Inspiré par les réalisations des architectes italiens, l'escalier droit, rampe sur rampe, possède un mur d'échiffre largement ajouré par des arcs en anse de panier et un décor sculpté au revers des marches. L'ornementation suit la progression du visiteur vers l'étage noble: aux motifs géométriques et héraldiques, succède un répertoire "à l'antique" au milieu duquel Jeanne de Balzac, par la présence de son portrait sculpté, des armoiries familiales et de ses initiales, s'y affirme comme l'unique dame des lieux. Deux cheminées à la française richement sculptées équipent les deux grandes salles du rez-de-chaussée et du 1er étage. L'ordonnancement des façades offre un quadrillage en damier. Les moulures et les frises horizontales sont rythmées par des pilastres dont la verticalité est accentuée par de hautes lucarnes ouvragées. Le programme ornemental des façades fait de Montal un château véritablement exceptionnel. La première frise mêle figures mythologiques ou symboliques, angelots, personnages et animaux fabuleux aux initiales de Jeanne et de ses deux fils accompagnées de devises en français ou en latin. Au niveau de l'étage noble, une série de bustes en haut-relief sont placés en médaillons entre les fenêtres. Il s'agit des sept portraits de Jeanne et de ses proches dont deux seuls survivaient à l'époque de leur réalisation. Les morts sont ici honorés avec les vivants dans ce qui est une sorte de monument funéraire où le culte du souvenir est porté à un haut niveau littéraire et humaniste. On peut voir dans cet ensemble de portraits le travail d'un atelier œuvrant sous l'autorité du "maître de Biron" Un mobilier intérieur (XVIe-XVIIIe siècle), sans lien historique avec le château, a été soigneusement réuni, donnant l'impression au visiteur d'un monument habité. Toutes les fenêtres comportent des vitraux d'origine allemande ou hollandaise, de la fin du XVIe ou du XVIIe siècle. Le dessin du labyrinthe de buis, d'inspiration Renaissance, est une création de 1960, œuvre de Pierre Prunet, architecte en chef des Monuments historiques.

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