Fort Saint-André à Villeneuve-Lez-Avignon

Couronnant le mont Andaon de sa puissante enceinte flanquée de tours, le fort Saint-André témoigne aujourd'hui encore du rôle qui lui fut jadis assigné par les rois de France. En 1291, Philippe le Bel (1285-1314) reprit l'idée de son aïeul Louis VIII et décida de fortifier le mont : depuis le rattachement tout récent du Languedoc à la France, le Rhône constituait sa frontière avec l'Empire. Promu sentinelle du fleuve, le fort permettait la surveillance de la navigation et assurait la protection du pays. Fort situé aux confins de l'Etat d'Avignon, il acquit une importance plus grande encore lorsqu'en 1316 les papes s'y installèrent. Ce rôle de premier plan fut remis en cause à la fin du 15e siècle, lorsque la Provence devint française. Avignon et le Comtat Venaissin constituèrent dorénavant une enclave au sein du royaume ; ils demeurèrent possession pontificale jusqu'en 1791. De plus, le Rhône déplaça son lit de 900 mètres et s'éloigna du rocher vers 1770. Le fort perdit alors tout intérêt stratégique. Cependant, des troupes y résidèrent jusqu'en 1792. Aujourd'hui l'accès au site se fait par une vaste porte flanquée de deux tours jumelles. Celles-ci se détachent des courtines et recouvrent un caractère imposant. Leurs terrasses offrent un panorama complet du mont Ventoux aux Alpilles, en passant par Avignon et son Palais des papes. Elles forment le point de jonction du chemin de ronde qui, d'ouest en est, court sur l'ensemble des murs de l'enceinte.

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