Tour de la Rochelle

La tour Saint-Nicolas se situe sur la rive sud du port de La Rochelle, face à la tour de la Chaîne. Elle est bâtie sur un plan pentagonal, dont trois des angles sont renforcés par des tourelles circulaires engagées ; une tourelle rectangulaire surmontée d'une tour carrée plus haute fait office de donjon. Le rôle de la tour Saint-Nicolas, la plus importante des trois tours de la Rochelle, était de protéger le port contre les dangers venant de la mer. Elle servait de point d'attache à la lourde chaîne qui la reliait, le soir, à sa tour sœur, la tour de la Chaîne. En 1372, la ville se libéra de la domination anglaise et ouvrit ses portes à Charles V. La Rochelle devint alors un port royal français. Le roi reconnaissant accorda d'importants privilèges à la ville : anoblissement héréditaire des échevins et du maire, autonomie en matière de fortification. Ces privilèges eurent un impact sur l'architecture de la ville. La construction d'une nouvelle tour, qui allait prendre le nom de tour Saint-Nicolas, symbolisa la souveraineté de la ville. En effet, ce donjon urbain est comparable à un donjon princier. Le système de communication fort complexe, à double révolution à l'intérieur de la tour, supporte la comparaison avec le donjon du château royal de Vincennes. Ainsi la tour Saint-Nicolas incarne, au-delà des ses capacités défensives, la toute-puissance de la Rochelle. Marquée par les heurts de l'histoire, la tour fut l'objet de plusieurs campagnes de restauration, à la fin du 17e et du 19 e siècle. Enfin, la restauration de l'intérieur fut entreprise au tout début du 20 e siècle. C'est à la tour de la Chaîne, datant du 14 e siècle, qu'était fixée le soir la fameuse chaîne la reliant à la tour Saint-Nicolas et qui fermait chaque nuit le passage du port aux navires. Aujourd'hui la chaîne est exposée sur une placette devant la tour, car la tourelle, dans laquelle on la rangeait autrefois dans la journée, fut détruite au 19 e siècle pour élargir la passe. Cette tour a aussi fait office de poudrière. En 1651, elle fut d'ailleurs découronnée par une explosion. Son crénelage a depuis été restauré. Dans le cadre du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, la tour de la Chaîne propose depuis mai 2008 une exposition permanente dédiée à la migration vers la Nouvelle-France. L'actuelle tour de la Lanterne a été construite au 15 e siècle. Elle doit son nom à la tourelle vitrée dans laquelle était allumé chaque nuit « un gros cierge » pour guider les vaisseaux. A la base de la tour, les murs, d'une épaisseur de 6 mètres, sont imposants ; ils contrastent avec l'élégance de la flèche octogonale à crochets, de style gothique flamboyant. Il s'agit d'un représentant exceptionnel des phares construits à la fin du Moyen Age. A l'intérieur de la tour, sept salles se superposent. Elles firent longtemps office de prison, comme en témoignent de nombreuses inscriptions laissées par des détenus sur ses murs ; une grande partie de celles-ci datent des 17 e et 18 e siècles.

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